
Elargir le contexte

Je me suis longtemps demandé quelle était la différence entre un roman de gare et la grande littérature. Dans les deux cas, il y a de l'encre sur le papier, une histoire, souvent une romance, mais on éprouve une différence que l'on ne sait pas toujours nommer et qui provient du type de contextualisation.
Dans la grande œuvre, le regard est global, ouvert, inclusif. Il bascule sans cesse du proche au lointain, de l'immédiat à l'ancien. Il juxtapose ce qui est habituellement disjoint. Tout est présent : nature, art, philosophie, spiritualité, psychologie, sociologie, histoire et science, pensée et sensorialité, observation et déduction, hypothèses et conclusions. Tout est relié.
Si dans le roman de gare, on se satisfait, par procuration, d'amours romanesques ou si on se laisser happer par le suspense, dans la grande littérature, c'est le besoin de sens et de circularité qui est comblé.
Alors peut-être est-ce cela qui nous a manqué depuis tant d'années, pour reprendre la main sur ce monde sans limites et hyper-complexifié : le regard d'un nouveau Shakespeare, profond et englobant, à la recherche de solutions universelles et transversales.