Le monde que nous créons
Nous pouvions faire des réseaux sociaux des lieux virtuel où réfléchir ensemble à un but commun qui ait du sens, pour éviter à l'humanité de s'autodétruire par cupidité et vénalité. Nous en avons fait des lieux d'auto-promotion, personnelle ou professionnelle, de transfert d'informations souvent erronées qui émanent de groupes d'intérêt et de circulation de vidéos de... chats. Personne ne nous forçait à cela.
Ce monde virtuel nous l'avons fabriqué de toutes part. Il est la projection directe de nos peurs, de notre crédulité et de notre cupidité.
Ah
oui, mais ces réseaux espionnent ce qu'on dit et si l'on y tient des
propos engagés, on se met en danger. Ah bon ? Mais nos ancêtres qui
se sont battus pour l'égalité des citoyens, des hommes et des
femmes, des noirs et des blancs, contre le travail des enfants,
contre les régimes autoritaires, pour la sécurité sociale, etc...,
ne se sont-ils pas, eux, mis en danger pour nous ?
Comment poursuivre leur oeuvre et à notre tour également contribuer à améliorer la vie des générations à venir ? N'est-ce pas désormais à nous de nous mettre aussi un peu en danger ?
Les réseaux sociaux sont ce que nous en faisons. Chacun de nous en a la responsabilité. Nous pouvons choisir comment nous nous y exprimons. Nous pouvons choisir quel respect nous marquons envers nos interlocuteurs. Nous pouvons choisir à quelles personnes nous donnons du pouvoir en relayant leurs propos. Nous pouvons choisir quelles idées et quels événements nous partageons. Nous pouvons choisir de vérifier les informations transmises ou de nous comporter en naïfs colportant des messages sponsorisés (c'est-à-dire dont la visibilité est achetée par des groupes d'intérêts) sans date, ni provenance.
Une parabole décrit l'enfer comme un lieu où tout le monde a une assiette de mets délicieux devant soi mais une cuillère au manche si long qu'elle ne permet pas de se servir et le paradis comme un lieu où tout le monde a une assiette de mets délicieux devant soi et une cuillère au manche si long qu'elle ne permet pas de se servir mais où chacun l'utilise pour nourrir autrui. Plutôt que faire des réseaux des lieux ennuyeux où chacun tente juste d'assurer son auto-promotion, de façon plus ou moins élégante, pourquoi ne pas en faire davantage des lieux d'entraide ? Pourquoi ne pas les mettre au service de la recherche d'un but commun à l'humanité ? Car dès que nous serons capables collectivement de définir ce que nous voulons que la société fasse pour nous, elle le fera car la société c'est nous.
Nous sommes puissants et nous sommes des acteurs de changement, sur la toile, comme au dehors.