L'épidémie et le complot

Si j'ai été exaspérée, au départ, par les interprétations complotistes face aux mesures sanitaires, j'en suis venue, à force de répondre aux uns et aux autres, à me rendre compte que les non-dits du gouvernement, l'inculture géopolitique et la complexité de l'analyse des chiffres au sujet du virus les expliquaient en partie. J'ai aussi constaté qu'un peu de pédagogie et de transparence suffisent aux esprits assez ouverts à sortir d'un échauffement pour lequel d'autres payent de leur vie ou en faisant faillite, échauffement qui risque, par ailleurs, de faire monter les extrémistes.
Je partage donc ici l'argumentation simple que j'ai soutenue face à des amis depuis six mois et qui a généralement fait mouche. Si elle peut permettre à d'autres d'encourager à une vigilance sereine, j'en serai heureuse.
"Les personnes qui croient que le virus est dangereux sont des moutons pétris de peur"
L'agressivité de la plupart des négationnistes de la Covid 19 sur les réseaux sociaux suggère que ce sont eux qui ont peur, peur au point de ne pas oser affronter leur peur et de la projeter sur autrui, dans un processus bien connu des psychologues. Etre prudent, se soucier des autres n'est pas être terrorisé. En revanche, vivre dans l'idée que tous les gouvernants et journalistes du monde se sont alliés pour inventer une fausse épidémie et faire vacciner tout le monde de force est une croyance passablement effrayante. Alors qui a vraiment peur ?
"Les publications sur les réseaux sociaux, tronquées ou non sourcées (c'est-à-dire sans date et sans auteur), sont plus fiables que celles des médecins et de l'état"
Les Français ont peu d'expérience des campagnes de propagande à la mode américaine et sont donc majoritairement assez naïfs sur ce plan. Ils ont tendance à croire qu'une publication anonyme sur un réseau social émane nécessairement d'un inoffensif citoyen à leur image. Or les groupes d'intérêt qui achètent de la visibilité sur les réseaux sociaux ou créent des milliers de faux profils pour commenter ces vidéos et donner le sentiment d'une masse convaincue d'une même chose (astroturfing) emploient des professionnels de la communication. Ceux-ci jouent énormément sur la tonalité affective de leur message. Parler avec passion et conviction et susciter l'indignation suffit généralement pour être crédible auprès de 80% des gens.
Sur les réseaux sociaux, quand on ne sait pas quoi penser d'une situation, plutôt que croire celui qui parle avec le plus d'assurance ou qui fait pleurer, celui qui traite ses détracteurs de manipulateurs ou de moutons, celui qui brosse dans le sens du poil et fait croire ce que l'on a envie de croire (par exemple que le port du masque ou le confinement, désagréables, ne sont pas nécessaires), mieux vaut chercher où va l'argent et donc qui a eu intérêt à financer la publication.
En effet, pour qu'une information à contenu polémique soit vue des millions de fois, il faut qu'elle soit sponsorisée, c'est-à-dire qu'elle soit placée de façon à être particulièrement visible sur un réseau social, sinon elle n'est republiée que quelques fois, même si elle est très intéressante (chacun peut essayer et voir). Or plus on paye pour rendre sa publication visible et plus on est vu, donc plus on est cru. Des sociologues américains l'ont prouvé, notamment en montrant qu'aux États-Unis, c'est toujours le candidat de la campagne qui a les plus gros financements qui l'emporte.
Pour une efficacité optimale, des sociétés comme Cambridge Analytica identifient des profils psychiques sur les réseaux sociaux et vendent ces informations, ce qui permet ensuite d'envoyer les campagnes de publicité ou de propagande à des publics ciblés. Pour vendre la liste des profils identifiés comme crédules, elles repèrent qui a relayé naïvement une infox évidente. Les groupes d'intérêts qui achètent les listes constituées peuvent alors être assez confiants qu'ils pourront faire avaler n'importe quoi à ces internautes là !
Vérifier les sources des informations évite de colporter naïvement (et bénévolement !) la propagande de lobbies ou d'états dont le but est de déstabiliser, de vendre, de faire peur ou autre. Si c'est impossible, on doit au moins vérifier les chiffres et informations avancés auprès de sources neutres ainsi que s'interroger sur la cohérence interne du discours et sur sa cohérence avec les autres informations que l'on connaît.
Quand on voit une vidéo, qu'elle raconte une histoire palpitante parce qu'elle tient un discours contraire aux théories prédominantes ou parce qu'elle est choquante, il faut donc avant tout se demander qui a intérêt à la mettre en ligne. Si l'on s'aperçoit que l'on est très nombreux à la voir et que l'on se met à tenir mot pour mot le même discours, on doit être encore plus vigilant et se demander d'où vient l'argent qui a permis de rendre ce document si visible et si convaincant. Ce n'est bien évidemment indiqué nulle part, alors il faut jouer les Sherlock Holmes et se demander à qui peut bénéficier la croyance véhiculée. Ainsi les allégations que les morts dues au virus ont été inventées ou que le virus est bénin ne peuvent que servir les intérêts des professionnels dont les profits s'effondrent faute de travailleurs et de consommateurs...
Enfin, si plusieurs techniques de manipulation sont utilisées dans un document, le transmettre est se comporter en mouton bien manipulable ! Mieux vaut donc être particulièrement vigilant quand le message cumule charge émotionnelle, généralisations outrancières, victimisation, positionnement de sauveur, amalgames, désignation d'un bouc émissaire, part de vérité pour crédibiliser par extension une information totalement fausse, bandes blanches répétées à visée hypnotique (comme on en a effectivement vu apparaître lors de cette crise !).
Ces vérifications prennent du temps et demandent du recul, c'est pour cela que beaucoup les délèguent aux journalistes professionnels, qui sont justement formés à ne pas se laisser duper. Contrairement à ce qui s'est beaucoup écrit ces derniers mois sur les réseaux, tous ne sont pas manipulables et achetés, même si certains le sont effectivement. Certains journalistes courageux résistent même à des pressions épouvantables et beaucoup jonglent entre des conflits d'intérêt qui seraient difficiles à résoudre pour qui que ce soit. Alors tomber dans le discours d'un parti anti-républicain qui, non-content de discréditer toute la classe politique, discrédite également tous les journalistes - sans doute pour mieux les envoyer en prison dès son accession au pouvoir - est dangereux et pourrait s'avérer criminel.
Une manipulation à l'américaine
Quand une propagande prend beaucoup d'ampleur, c'est que beaucoup d'argent a été investi dedans. Au sujet de la pandémie, de multiples intérêts se sont croisés et les personnes peu formées à décrypter des discours se sont parfois retrouvées à adhérer sans discernement à des thèses totalement contradictoires et à se décrédibiliser, alors, par un discours incohérent et ostensiblement fanatique.
De nombreuses personnes et associations ont cherché à se faire une publicité personnelle, des lobbies (mafieux ou industriels) ont tenté de maintenir un maximum de gens au travail, des opposants ont voulu ébranler le pouvoir en place, mais la plupart du financement de la propagande est probablement venu davantage encore de groupes d'intérêt étrangers, avides de profiter de toute crise pour tenter de déstabiliser leurs adversaires économiques.
Dans la guerre froide actuelle, on n'utilise pas d'armes, mais l'information.
Le but de cette guerre est, pour chaque pays, de s'assurer des fonds auprès d'investisseurs pour financer sa dette et ne pas être ruiné - on est là encore dans un mythe sur la forme que doivent prendre les échanges mondiaux, mythe totalement destructeur qui peut et doit être repensé - . Il faut donc convaincre que l'on a le meilleur taux de croissance économique, que l'on est le pays le plus stable et le plus solide. Ou faire croire que les autres puissances sont plus fragiles, quitte à tout faire pour les faire vaciller.
Or actuellement la grande puissance la plus gravement endettée est les États-Unis. Les investisseurs leur préfèrent donc de plus en plus l'Europe, plus stable, ou la Chine, plus dynamique. La situation américaine est donc assez désespérée, notamment en raison d'une dette trop élevée, bien qu'ils restent encore une grande puissance. C'est dans ce contexte que Steve Bannon, ex-stratège de Donald Trump, est venu en Europe dans le but assumé d'y faire monter les extrémistes et ainsi de déstabiliser la zone pour éliminer un gênant concurrent (https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/steve-bannon-poursuit-sa-campagne-d-europe-via-l-italie_2036497.html). On peut, d'ailleurs, se demander quel accord a été conclu lorsque le Pen est allée rendre visite à Trump, les deux parties ayant le même intérêt à déstabiliser le pouvoir en place.
Le Pen avait absolument besoin de gagner ou neutraliser des votes à Gauche et chez les Écologistes pour gagner la présidence (et elle est sans doute trop naïve pour voir qu'elle est perçue par les Américains comme incapable de faire fonctionner le pays et donc comme un fabuleux outil de chaos destructeur...). Avec les Gilets Jaunes, la Gauche s'est amalgamée étonnamment au RN. Avec les complotistes négationnistes du Covid, le milieu New-Age, anarchiste et écologiste s'est retrouvé à crier au loup à l'unisson avec le RN. L'extrême-droite française joue toujours du même type de victimisation : "oh, le méchant gouvernement, oh les vilains journalistes !". C'est simple, alors ça plaît. Jusqu'au jour où l'on s'aperçoit que l'on est sous son régime et où il est devenu impossible d'écrire ces mots. Des amis verts ou de Gauche se sont, lors de cette crise, soudain mis, tous au même moment, à faire l'éloge de Trump, persuadés de voir enfin la vérité cachée sur cet homme alors qu'ils ne le supportaient pas quelques mois plus tôt. La propagande leur a donné le sentiment d'être plus intelligents et originaux, ce qui est flatteur - la flatterie étant un des nerfs de la guerre d'une bonne manipulation - . Cependant les conséquences de leur manque de discernement risquent d'être gravissimes pour la démocratie, l'an prochain, quand l'inflation sera galopante, ce qui ne manquera pas d'arriver vu les milliards injectés actuellement. On pourrait bien, également, les tenir pour co-responsables des milliers de morts qui auraient pu être évitées si tout le monde avait respecté les gestes barrières plutôt qu'imaginer qu'il s'agissait d'un jeu de pouvoir.
Fait notable, je n'ai vu qu'une seule complotiste se demander ce qui pouvait être fait face à ce qu'elle voyait comme une union des gouvernements du monde entier pour mater les peuples. Les autres internautes s'imaginaient dans un délire partagé qu'ils sauvaient le monde de cette emprise en refusant de porter un masque, en relayant des vidéos complotistes et en tuant symboliquement tous ceux qui ne pensent pas comme eux en les rayant de leur liste d'amis... D'un seul coup, presque tous adoptaient exactement le même comportement.
Il y avait donc bien eu manipulation, mais d'eux-mêmes.
"On assiste à une coalition mondiale des gouvernements pour brider les peuples"
Seule une grave inculture en matière de géopolitique peut amener à imaginer que les gouvernements de la Chine et des États-Unis, qui sont économiquement en concurrence, ou de l'Inde et du Pakistan, à couteaux tirés - pour ne citer qu'eux - puissent se mettre d'accord sur une même politique sanitaire dans le but de brider les libertés.
La guerre froide continue à diviser, cette fois
principalement sous la forme d'une guerre économique. Quatre blocs -
les États-Unis, la Chine, la Russie et l'Europe - s'opposent dans
une rivalité (qui n'est, rappelons-le au passage, qu'une
construction mentale, puisque nous pourrions tous décider de
partager équitablement les ressources, ce qui éviterait leur gâchis
actuel et notre auto-destruction à venir). Alors comment peut-on
imaginer que ces blocs s'unissent soudain quand il serait tellement
plus profitable à l'un d'eux, au moins, de faire cavalier seul pour
profiter du coup de frein donné par les mesures sanitaires à
l'économie des autres ? Sa productivité et son PIB continueraient à
croître alors que ceux des autres déclineraient et les
investisseurs qui financent les dettes des états se tourneraient
tous vers lui, ce qui serait une aubaine !
Par ailleurs, le grand capital tient les gouvernements du monde entier au moins depuis les années 50, alors serait-il logique que celui-ci, qui perd des milliards avec cette crise, soit actuellement en train de dicter aux gouvernements une politique sanitaire qui freine ses profits ?
L'idée d'un bloc de gouvernements voulant aliéner les peuples d'un commun accord en leur faisant peur avec une épidémie virtuelle est d'autant plus irréaliste que les libertés des citoyens ont, de toutes façons, toujours été malmenées sans qu'il y ait jamais eu besoin d'avoir recours à un tel subterfuge car la peur du chômage et de la faim suffit.
Seule une coalition inter-gouvernementale au service d'un objectif commun réel serait imaginable. Anéantir la mafia, qui est actuellement devenue l'une des plus grandes puissances internationale, pourrait avoir du sens pour beaucoup de pays où elle prend beaucoup trop de pouvoir actuellement. Elle a justement fait partie des groupes d'intérêt les plus impactés lors du confinement mais il est difficile d'imaginer des gouvernants décidant de créer un virus mortel juste pour se débarrasser de la mafia. Une coalition pour tenter de cacher une crise économique mondiale ou pour ralentir la destruction des ressources, qui est en train de nous condamner tous à court terme, pourrait également être imaginée, mais elle impliquerait une conscience écologique et un dialogue intergouvernemental peu probables.
N'est-il pas étonnant que, pour une fois qu'une politique néfaste au grand capital et bénéfique aux humains est décidée, toute une frange de la population s'y oppose ? Et ces mêmes personnes ne manifesteraient-elles pas la même opposition, voire une opposition plus forte encore, si les gouvernements avaient fait le choix de l'économie contre celui de la santé ? Le but de cette opposition n'est-il pas, non de clamer "la vérité", mais de déstabiliser le pouvoir en place pour le remplacer par un pouvoir plus rassurant car plus totalitaire ?
"L'État manipule l'information"
Les chaînes nationales, censées être à la botte de l'État, font l'effort constant depuis des mois de mettre l'accent sur les initiatives citoyennes positives au lieu de tenter d'effrayer avec l'épidémie, comme il est prétendu par des internautes qui ne les... regardent pas.
Par ailleurs, la plupart des médias sont dans les mains du grand capital et les grands groupes qui les possèdent perdent eux-aussi beaucoup avec cette épidémie et ils auraient donc plutôt intérêt à la minimiser : les mesures sanitaires mises en œuvre coûtent cher, la production et la consommation sont ralenties, alors quel intérêt auraient-ils à encourager les médias à amplifier son retentissement ?
Si le pouvoir corporatiste intervient dans cette crise, c'est probablement plutôt sur les réseaux sociaux, en présentant des vidéos qui nient les risques liés à l'épidémie, pour convaincre tout un chacun de continuer à travailler et à consommer comme si de rien n'était.
Ce n'est d'ailleurs certainement pas un hasard que ce soit dans les pays où la culture productiviste est la plus forte que les gouvernements, vraisemblablement aiguillonnés par le pouvoir économique, ont le plus tardé à confiner.
En ce qui concerne You Tube et Facebook, ces entreprises ont effectivement supprimé certaines vidéos qui circulaient sur le virus. Ces entreprises sont privées et peuvent choisir, sous la pression de leurs clients, par exemple, ou en fonction de leur éthique propre, de supprimer les documents qu'elles veulent. Elles ne sont pas des organes d'état et elles ont toute latitude sur ce qu'elles diffusent, tant qu'elles respectent la loi. En revanche, quand elles diffusent des publications sponsorisées, c'est-à-dire des publications que quelqu'un a financées pour que des millions de gens les voient, il s'agit de publicité ou de propagande. Or les publicités mensongères sont et ont toujours été illégales et il est normal qu'il soit demandé dans ce cas à ce qu'elles soient retirées. Ainsi la vidéo de "2000 médecins réunis pour dénoncer une fausse pandémie" a disparu : il s'agissait de la rediffusion avec un titre mensonger, de la vidéo d'une conférence de... huit intervenants, qui, elle, n'a jamais été censurée.
"On assiste à un complot de Big Pharma contre l'humanité"
Toute manipulation intelligente intègre des données véridiques de manière à convaincre plus aisément et les théories qui taxent Big Pharma de complot sont d'autant plus crédibles qu'en effet cette industrie a du sang sur les mains.
Les profits pharmaceutiques (100 milliards de profits, au moins, pour un chiffre d'affaire de 600 milliards de dollars) sont 75% plus élevés que ceux de l'industrie pétrolière (80 milliards de profits pour 2,5 milliards de chiffre d'affaire - https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/07/petrole-plus-de-80-milliards-de-profit-pour-les-majors-en-2018_5420468_3234.html).Quand Big Pharma pleure qu'elle a du mal avec tous ses frais de R et D, ses actionnaires, eux, sourient et c'est un scandale, cela ne fait aucun doute. Big Pharma mérite aussi de se faire taper sur les doigts parce qu'elle n'hésite pas à acheter des chercheurs universitaires pour qu'ils publient des informations qui vont dans son sens (et les autres grands secteurs, industriels et agroalimentaires, ne se gênent pas pour faire de même).
En revanche, il est difficile de soupçonner Big Pharma de chercher à créer la panique pour vendre des vaccins, comme il a été dit et répété sur le net et ce dès... mars ! En effet, aucun laboratoire ne savait à cette époque (et ne le sait encore actuellement) si son vaccin serait efficace et vendu, alors aucun n'avait intérêt à préparer le terrain pour vendre un vaccin qu'il n'avait pas - Big Pharma n'est pas une entreprise mais un terme utilisé pour dénoncer les pratiques communes d'industries pharmaceutiques, qui sont non seulement indépendantes mais aussi en concurrence les unes avec les autres, ne l'oublions pas - .
Par
ailleurs, chez certaines personnes infectées il a été constaté que les anti-corps cessent d'être efficaces contre le virus à un moment donné, alors un vaccin ne fonctionnera peut-être jamais.
Certaines associations anti-vaccination ont, pourtant, fait circuler une pétition sur les réseaux contre l'insertion d'une puce pour nous contrôler, puce qui aurait été placée lors du vaccin anti-covid censé être sur le point d'être imposé à tous dès mars. Or cette information avait déjà circulé mot pour mot en... 2012 et personne n'est pourtant pucé à ce jour. A vrai dire, de nombreuses pseudo-pétitions circulent actuellement uniquement car elles sont un moyen idéal de faire connaître une association ou une entreprise, ainsi que de se constituer un listing d'adresses email de donateurs potentiels ou de clients. Elles ne sont donc pas toutes à prendre au sérieux. Là où il faut du discernement, c'est que les associations anti-vaccination sont tout à fait crédibles dans la mesure où certains vaccins (mais pas tous) ont effectivement détruit la santé de centaines de personnes ces dernières années. Face à la mauvaise fois de l'industrie dans cette tragédie, la confiance n'est plus là et c'est compréhensible même si les vaccins continuent globalement à protéger des millions de vies de part le monde.
Les réseaux sociaux ont également largement vu circuler une vidéo de Bill Gates où il disait vouloir vacciner pour freiner la croissance démographique. Cette vidéo tronquée omettait le contexte qui permettait de comprendre que Gates ne voulait pas tuer au moyen de vaccins, contrairement à ce qui était suggéré, mais encourager les parents, notamment en Afrique, à concevoir moins d'enfants en leur garantissant de plus grandes chances de survie.
Enfin de nombreux messages expliquaient que la chloroquine avait été interdite parce qu'elle n'était pas assez profitable pour l'industrie pharmaceutique. Or l'utilisation actuelle de médicaments efficaces et peu onéreux contre le virus prouve que cette allégation était fantaisiste. Si la chloroquine a été interdite c'est vraisemblablement pour freiner la demande de gens qui risquaient d'en exiger en prévention et alors qu'ils n'en avaient pas réellement besoin, ce qui risquait de la rendre inaccessible pour les plus malades. Elle a continué cependant à pouvoir être prescrite par les médecins qui restaient, comme toujours, libres de leur choix de prescription.
"Le virus est peu dangereux"
Au niveau mondial, on vient de passer le seuil des un million de décès dus à l'épidémie en six mois et ce malgré le confinement et les masques, soit autant de décès que du SIDA ou des accidents de la route. Cela représente un sixième des décès dus au cancer (https://www.worldometers.info). Est-ce "un détail" ? Peut-on considérer, comme certains n'hésitent pas à le dire, que les malades et les vieux qui meurent seraient morts de toutes façons et que leur vie compte donc peu ?
Par
ailleurs, le virus est protéiforme et déclenche soit des engelures,
soit des symptômes de rhume, de grippe ou de pneumopathie, soit
rien, ce qui n'est pas le cas des virus qui circulent habituellement
et ce qui justifie donc une méfiance particulière à son égard. D'autant que certains médecins commencent à s'interroger sur les conséquences chroniques qu'ils observent parfois (bien qu'ils manquent de recul sur ce point).
Le virus touche, par ailleurs, aussi des jeunes.
Enfin, cela a été dit et redit, un grand nombre de personnes subissent des formes de la maladie qui nécessitent une hospitalisation, or on ne peut hospitaliser tout le monde à la fois, il faut donc freiner la propagation pour éviter des décès juste dus à une impossibilité de prise en charge - qui vaudrait aux états d'avoir à reverser ensuite des milliards en compensation aux familles, ce qu'ils veulent s'éviter, bien entendu... L'histoire du sang contaminé est encore dans les esprits -.
Les masques ne servent à rien ?
Ils limitent l'émission de postillons or plus il y a de postillons, plus il y a de virus dans l'air. Conseiller aux gens, en février et mars, de porter une écharpe ou un foulard sur la bouche quand on manquait de masques (plutôt que faire croire qu'ils étaient inutiles) aurait d'ailleurs suffit à limiter grandement la propagation du virus. Les masques protègent, par ailleurs, des méfaits de la pollution, aux effets parfois également mortels.
S'il faut mettre des masques même quand l'épidémie est au plus bas, c'est parce que sa vitesse de propagation est exponentielle et que la contamination peut repartir aussi vite qu'un petit feu sur des aiguilles de pin. Le taux de reproduction de la Covid 19 n'a, en effet, rien à voir avec celui de la grippe : sans mesures barrière, une personne en contamine 3, qui en contaminent 3, ce qui veut dire que l'on a déjà 9 malades à ce premier niveau et 9 fois 3 lorsque chacune de ces personnes croise à nouveau quelqu'un. Pour comparaison, le taux de reproduction de la grippe est de 1 et celui de la variole était de 5 et cette maladie a décimé des millions d'Amérindiens en quelques années (certes avec "l'aide" criminelle des colons).
Certains pays (Taïwan, la Nouvelle-Zélande, le Vietnam...) n'ont presque pas été touchés par le virus, alors qu'ils auraient eu de bonnes raisons géographiques de l'être fortement, mais les populations ont suivi les consignes de leur gouvernement, qui a réagi tôt, au lieu de se dire que le problème n'existait pas...
"Les masques endommagent l'immunité"
Si c'était le cas, les biochimistes, infirmiers et médecins qui en portent, dans certains cas à longueur d'année, seraient tous malades. Que l'on soit exaspéré par l'agaçant port du masque se comprend, mais les personnes dans des professions qui l'imposent à longueur d'année y survivent, sans se plaindre.
Si le masque déclenche une angoisse irrationnelle, mieux vaut la reconnaître et la comprendre. Elle peut provenir de ce que la bouche exprime des émotions que l'on peut contrôler, alors que les émotions qu'on lit dans le regard sont difficilement contrôlables et donc plus authentiques. La bouche permet aussi de mordre et ainsi de se défendre. Il est donc vraisemblable que certains se sentent psychiquement exposés ou vulnérables à ne montrer que leur regard et pas leurs dents. Prendre conscience de cette peur permet d'éviter de mettre autrui en danger par des comportements à risque.
"Les masques sont faits pour nous bâillonner"
Les sociétés totalitaires ont tout à perdre à masquer les gens car les masques empêchent de les identifier et donc de les arrêter, le cas échéant. Par ailleurs, les masques n'empêchent objectivement en rien de s'exprimer ou de s'opposer au gouvernement. On peut parfaitement continuer à écrire à son député, rejoindre une association militante, publier un pamphlet dans un journal ou encore, par exemple, faire la grève de la consommation de certains biens. Ce type d'expression démocratique est, contrairement aux idées reçues, plus efficace que les manifestations de rue. Les sociétés évoluent, en effet, bien davantage et bien plus positivement sous l'influence de réformateurs que sous celle d'excités dont l'histoire a montré, encore et encore, qu'ils laissent systématiquement accéder au pouvoir des manipulateurs dont ils découvrent trop tard, faute d'avoir réfléchi avant, qu'ils sont des dictateurs.