L'internationale des ressources

15/09/2020

Depuis plus de soixante ans, les écologistes prédisent la crise que nous vivons actuellement. Pendant des années, ils nous ont largement exhorté à changer nos façons de faire et in extremis nous amorçons un changement - un rêve qui se réalise enfin - .

Nous tentons donc, individuellement, d'acheter et de gaspiller moins et les medias et les institutions démontrent également qu'ils ont enfin compris que les prédictions écologistes n'avaient rien de délirant. C'est formidable. Nous devons cependant très vite aller plus loin.

Les ressources énergétiques ne peuvent plus continuer à être gaspillées dans la construction et l'usage de matériaux militaires et dans des guerres destructrices. Elles sont presque toutes dues simplement à ce que les besoins vitaux de populations ne sont pas assouvis alors que nous avons techniquement les moyens de nourrir tout le monde sur terre. Interpelons donc, individuellement, les gouvernants corrompus qui maintiennent leurs populations dans la misère. Interpelons les entreprises qui favorisent les conflits pour vendre davantage d'armes ou dans le but d'affaiblir les pouvoirs politiques en place. Ne finançons plus les ONG qui n'essaient pas d'autonomiser les populations et de responsabiliser les pouvoirs en place et contribuent ainsi à faire perdurer les problèmes au lieu de les résoudre.

Nous n'avons plus non plus les moyens énergétiques de continuer à adhérer les yeux fermés au mythe de la guerre économique. Nous ne sommes pas en concurrence. Personne ne l'est et sur aucun point. La compétitivité est un héritage d'un lointain passé qui nous a amenés à nous surpasser, notamment sur un plan technique, ce qui a été au bénéfice du développement de la conscience et de l'accroissement de certaines libertés. C'est un point positif. En revanche, cet héritage nous aliène aujourd'hui au point de mettre notre survie, en tant qu'espèce, en jeu. Nous devons donc cesser de le laisser nous conditionner.

Nous ne survivrons pas en tant qu'espèce si nous continuons à adhérer au mythe que nous devons produire plus que les autres pour que notre pays soit plus riche et donne des emplois à chacun.

Pour survivre, nous devons prendre conscience que le travail non productif a de la valeur et donne du sens à la vie, que travail et emploi ne sont pas synonymes et que nous sommes des terriens qui partageons le même habitat avant d'être des ressortissants de telle ou telle pseudo-identité nationale (construite artificiellement au fil des ans pour transformer avec moins de difficulté des garçons en simple chair à canon).

La compétitivité peut s'exprimer dans de nombreux domaines (sport, recherche...), mais nous devons exprimer clairement un refus de nous inféoder à une compétition des PIB au seul but de nous assurer des apports de capitaux pour financer l'économie. Cela implique que chacun d'entre nous se forme sur la finance et l'économie pour comprendre les mécanismes artificiels qui maintiennent actuellement peuples et décideurs asservis. Nous sommes trop peu nombreux actuellement à les avoir clairement à l'esprit, ce qui ne nous permet pas d'exercer une pression suffisante sur les décideurs.

Ne nous y trompons pas, l'écologie de surface actuellement promue ne suffira pas à garantir notre survie, alors ne nous laissons pas duper par ce simple verdissement de l'économie.

Nous devons repenser en profondeur les rouages qui nous lient les uns aux autres et désormais penser en gestionnaires de bon sens plutôt qu'en rapaces.

Nous devons exiger que le système financier et économique soit repensé de manière à ce qu'il serve réellement les intérêts de tous au lieu de favoriser les prédateurs et les parasites. Interpelons des économistes de Gauche à ce sujet et ne nous laissons pas berner si leur discours est juste démagogique et insuffisamment réfléchi.

Affutons également nos arguments pour être capable de démonter de manière solide et crédible l'argumentaire d'antiquités qui croient toujours que le système actuel est le moins pire possible.

Enfin cessons de penser, consciemment ou non, que la vie et l'avis d'un blanc valent mieux que ceux d'une personne d'une autre couleur, ce qui nous mène trop souvent à trouver qu'un emploi perdu en Chine ou ailleurs est moins grave qu'un emploi perdu dans notre pays. Le combat pour la survie de l'espèce humaine est un combat mondial qui doit rassembler solidairement tous les travailleurs, mais aussi tous les employés, tous les artistes et tous les patrons sur un même front.

Nous voulons désormais tous la même chose : survivre, et c'est possible mais à une condition : repenser le système financier et économique. Or cela ne se fera que sous une pression citoyenne majeure car ceux qui le connaissent assez bien pour le faire évoluer n'ont aucun intérêt à ce qu'il change.

Ne nous trompons donc pas de combat. Achetons vert, recyclons et consommons moins, oui, mais comprenons aussi comment l'exploitation des ressources ne sera jamais durable tant que nous penserons les relations économiques comme des régulations de leur prédation au lieu de les voir comme ce qu'elles devraient être : des liens visant à en favoriser une gestion conjointe optimale.

© 2017 Anne-Marie Estour. Tous droits réservés. Crédits photos Anne-Marie Estour et Webnode
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